Présentation

klioua

Pseudo: Nabil KliouaCatégorie: SociétéDescription:
Cliquez là pour voir des photos de Béjaia, Lyon, Strasbourg, Rome. Retrouvez ici le meilleur de Dilem. Aussi, des articles de presse, des extraits littéraires et des réflexionx. Bonne navigation.
Recommander ce blog

Image aléatoire

Recommander

Texte libre

Nous rassemblons des documents et des textes de sources diverses qui ne reflètent pas toujours l'opinion du blog.

Nous ne portons pas la responsabilité pour le contenu des sites dont les liens sont présentés ici.

Vendredi 04 Juillet 2008

 

Prier Dieu, que veut dire ce mot ?

 

Y a-t-il un infini hors de nous ? Cet infini est-il un, immanent, permanent ; nécessairement substantiel, puisqu’il est infini, et que, si la matière lui manquait, il serait borné là, nécessairement intelligent, puisqu’il est infini, et que, si l’intelligence lui manquait, il serait fini là ? Cet infini éveille-t-il en nous l’idée d’essence, tandis que nous ne pouvons nous attribuer à nous-mêmes que l’idée d’existence ? En d’autres termes, n’est-il pas l’absolu dont nous sommes le relatif ?

En même temps qu’il y a un infini hors de nous, n’y a-t-il pas un infini en nous ? Ces deux infinis (quel pluriel effrayant !) ne se superposent-ils pas l’un à l’autre ? Le second infini n’est-il pas pour ainsi dire sous-jacent au premier ? n’en est-il pas le miroir, le reflet, l’écho, abîme concentrique à un autre abîme ? Ce second infini est-il intelligent lui aussi ? Pense-t-il ? aime-t-il ? veut-il ? Si les deux infinis sont intelligents, chacun d’eux a un principe voulant, et il y a un moi dans l’infini d’en haut comme il y a un moi dans l’infini d’en bas. Le moi d’en bas, c’est l’âme ; le moi d’en haut, c’est Dieu.

Mettre par la pensée l’infini d’en bas en contact avec l’infini d’en haut, cela s’appelle prier.

Ne retirons rien à l’esprit humain ; supprimer est mauvais. Il faut réformer et transformer. Certaines facultés de l’homme sont dirigées vers l’Inconnu ; la pensée, la rêverie, la prière. L’Inconnu est un océan. Qu’est-ce que la conscience ? C’est la boussole de l’Inconnu. Pensée, rêverie, prière, ce sont là de grands rayonnements mystérieux. Respectons-les. Où vont ces irradiations majestueuses de l’âme ? à l’ombre ; c’est-à-dire à la lumière.

La grandeur de la démocratie, c’est de ne rien nier et de ne rien renier de l’humanité. Près du droit de l’Homme, au moins à côté, il y a le droit de l’Âme.

Écraser les fanatismes et vénérer l’infini, telle est la loi. Ne nous bornons pas à nous prosterner sous l’arbre Création, et à contempler ses immenses branchages pleins d’astres. Nous avons un devoir : travailler à l’âme humaine, défendre le mystère contre le miracle, adorer l’incompréhensible et rejeter l’absurde, n’admettre, en fait d’inexplicable, que le nécessaire, assainir la croyance, ôter les superstitions de dessus la religion ; écheniller Dieu.

Extrait de "Les Misérables" Tome 1.

publié par Victor Hugo publié dans : Faits de société
Mardi 17 Juin 2008

 

 

 

 

Les îles de la manche sont des morceaux de France tombés dans la mer et ramassés par l'Angleterre. De là une nationalité complexe. Les Jersiais et les Guernesiais ne sont certainement pas Anglais sans le vouloir, mais ils sont Français sans le savoir. S'ils le savent, ils tiennent à l'oublier. Cela se voit un peu au Français qu'ils parlent.

 

 

 

...

 

 

Serk est la moitié d'Aurigny, Aurigny est le quart de Guernesey. Guernesey est les deux tiers de Jersey. Toute l'île de Guernesey est exactement grande comme la ville de Londres. Il faudrait pour faire la France deux mille sept cents Jersey. Au calcul de Charassin, excellent agronome pratique, la France, si elle était cultivée comme Jersey, pourrait nourrir deux cent soixante dix millions d'hommes, toute l'Europe.

 

 

 

Des quatre îles, Serk, la plus petite, est la plus belle; Jersey, la plus grande, est la plus jolie; Guernesey, sauvage et riante, participe des deux.

 

 

 

...

L'archipel normand parle français, avec quelques variantes comme on voit. Paroisse se prononce paresse. On a "un mâ à la gambe qui n'est pas commun". -Comment vous portez-vous ?- Petitement. Moyennement. Tout à l'aisi. C'est à dire: mal, pas mal, bien? Être triste, c'est "avoir les esprits bas". Sentir mauvais, c'est avoir "un mauvais sent"; causer du dégât, c'est "faire du ménage"; balayer sa chambre, laver sa vaisselle, etc., c'est "picher son fait"; la baquet, souvent plein d'immondices, c'est "le bouquet". On n'est pas ivre, on est "bragi"; on n'est pas mouillé, on est "mucre". Être hypocondriaque, c'est avoir "des fixes". Une fille est une "hardelle", un tablier est un "devantier", une nappe est une "doublier", une robe est un "dress", une poche est une "pouque", un tiroir est un haleur, un chou est une caboche, une armoire est une presse, un cercueil est un "coffre à mort", les étrennes sont des "irvières", la chaussée est la "cauchie", un masque est un "visagier", les pilules sont des "boulets". Bientôt, c'est "bien dupartant".

 

 

 

...

 

 

 

 

 

 

II existe en Angleterre un tyran. Le tyran des Anglais a le même nom que le créancier de don Juan, il s’appelle Dimanche. L’Angleterre est le peuple qui a dit : Time is money ; le tyran Dimanche réduit la semaine active à six jours, c’est-à-dire prend aux Anglais le septième de leur capital. Et aucune résistance n’est possible. Le dimanche règne par les mœurs, despotes bien autres que les lois. Le dimanche, ce roi d’Angleterre, a pour prince de Galles le Spleen. U a le droit d’ennui. Il ferme les ateliers, les laboratoires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, presque les jardins et les bois. Du reste, insistons-y, le dimanche anglais opprime moins Jersey que Guernesey. A Guernesey, une pauvre tavernière française verse un verre de bière à un promeneur ; c’est le dimanche, quinze jours de prison. Un proscrit, bottier, veut travailler le dimanche afin de nourrir sa femme et ses enfants ; il ferme ses volets pour qu’on n’entende pas son marteau ; si on l’entend, amende ; un dimanche, un peintre frais débarqué de Paris s’arrête sur un chemin pour dessiner un arbre, un centenier l’interpelle, lui enjoint de cesser ce scandale, et, par clémence, veut bien ne point le loger au greffe ; un barbier de Southampton rase un passant le dimanche ; il paie trois livres sterling au fisc. C’est tout simple, Dieu s’étant reposé ce jour-là.

 

 

 

Heureux du reste le peuple qui est libre six jours sur sept. Dimanche étant donné comme synonyme de servitude, nous connaissons des nations dont la semaine a sept dimanches.

 

 

 

 

 

 

publié par Nabil Klioua publié dans : Art et littérature
Samedi 26 Avril 2008

 Par Victor Hugo, extrait de Choses Vues, 1830 - 1848

4 Septembre.

M LEON FAUCHER. « Les ouvriers réclament l'abrégement... »

L'assemblée murmure. M. FAUCHER s'aperçoit qu'il parle français, il se reprend et fait un quasi barbarisme:

« ...l'abréviation des heures de travail. » (L'assemblée est satisfaite.)


M. DUFAURE (réponse à Pierre Leroux). « Nous n'avons pas eu l'idée d'avoir la pensée de rien faire qui pût nous faire supposer l'intention d'avoir, du plus loin possible, la pensée de faire planer la souveraineté du fait dans les considération qui militent en faveur de la souveraineté du droit. » (très bien, très bien!).


7 Septembre 1848.


M. DE LAMARTINE. « Je trouve partout en France cette même fugitivité, cette même passagèreté, cette même viagèreté. »


14 Septembre.


M. GOUDCHAUX (Photo)

La révolution de Féveurier... »

On rit, il se reprend:

La révolution de Feuvrier... »

On rit de plus belle. Il essuie le velours de la tribune, de la main gauche, d'un air satisfait.


14 Septembre.


M. GOUDCHAUX (sur l'amendement de Glais-Bizoin). « Je ne veux pas de cette amendement, elle peut amener les troubles les plus graves; elle peut détruire la constitution que vous faites. »

M. DUFAURE, répondant à M. Billaut. « Mes adversaires demandent des paroles qui n'auraient pas la portée qu'ils espèrent leur faire produire. »

(l'Assemblée: Très bien! très bien!)


22 Septembre.

CHARENCY, répondant au général Cavaignac. « Je réponds-z-haridment qu'il n'en est pas ainsi! »


23 Septembre 1848.


Le ministre du commerce M. THOURET. « Quoi ! L'on m'accuse de présenter un projet aristocrate! » (L'assemblée: tique! Tique!)


5 octobre.


M. DE PARIEU (question au président). « Sous la monarchie constitutionnelle, le roi avait un pied dans le pouvoir exécutif, un pied dans le pouvoir législatif, un pied dans le pouvoir judiciaire, un pied dans le pouvoir administratif. »


9 octobre.

M. DEVILLE (amendement contre les généraux et les princes). « Vous croyez tenir le pouvoir. Vous ne le tenez pas. Rien de notre temps n'est plus mobile que cet instrument. »


10 octobre.


M . GOUDCHAUX, ministre des finances (sur le crédit foncier). Je répondrai à mon honorable prédécesseur qui m'a suivi à cette tribune... » (Immense rire)


Le même. « J'irai plus loin-z-encore. »

(La chambre, accoutumée, rit un peu, puis dit: « Allez! Parlez! » Le ministre continue.)


(Un orateur, sur le prince Louis.)

« Dans ce pays-ci, quand il arrive un point lumineux quelconque, il y a des gens qui ont le nez si fin qu'ils font tous leurs efforts pour y arriver, au risque de ne pas le trouver et qui s'y rattachent. »


16 octobre.


M. DUCOUX (sur le nouveau cabinet). « Si j'examine ce mariage ministériel, je trouve que le hasard a présidé à cet enfantement et produit cette conception définitive. » (Immense éclat de rire.)


20 octobre.


M . MARRAST. « Je mettrai cette proposition (la proposition Lagrange) à l'ordre du jour après celles que l'Assemblée a déjà décidé devoir être les premières à l'ordre du jour. »


M . PORTALIS (sur les finances). « Un vaisseau de ligne coûte trois millions à l'État; le commerce vous le fournirait pour un million, tout aussi bien agréé » (Immense rire)


Un représentant a dit l'autre jour:

« Inquiétez-vous de l'accroissement des populations. Consultez les statistiques. Rendez-vous compte de ce que les hommes et les femmes d'un pays comme la France peuvent faire d'enfants par an, l'un dans l'autre »


publié par Victor Hugo publié dans : Art et littérature
Mercredi 20 Février 2008

Par Victor Hugo, dans William Shakespeare.

Victor Hugo

L'âme est-elle ? première question. La persistance du moi et la soif de l'homme. Sans le moi persistant, toute la création n'est pour lui qu'un immense à quoi bon! Aussi écoutez la foudroyante affirmation qui jaillit de toutes les consciences. Toute la somme de Dieu qu'il y a sur la terre dans tous les hommes se condense en un seul cri pour affirmer l'âme. Et puis, deuxième question, y a-t-il de grandes âmes ?

  

Il semble impossible d'en douter. Pourquoi pas de grandes âmes dans l'humanité, comme de grands arbres dans la forêt, comme de grandes cimes dans l'horizon? On voit les grandes âmes comme on voit les grandes montagnes. Donc elles sont. Mais ici l'interrogation insiste; l'interrogation, c'est l'anxiété; d'où viennent-elles ? que sont-elle ? qui sont-elles ?y a-t-il des atomes plus divins que d'autres ? cet atome par exemple qui sera doué d'irradiation ici-bas, celui-ci sera Thalés, celui-ci qui sera Eschyle, celui-ci qui sera Ezéchiel, celui-ci qui sera Macchabée, celui-ci qui sera apollonius de Tyane, celui-ci qui sera Tertullien, celui-ci qui
sera Epictéte, celui-ci qui sera  Marc-Auréle, celui -ci qui sera Nestorius, celui-ci qui sera Pélage, celui-ci qui sera Gama, celui-ci qui sera Kopernic, celui-ci qui sera Jean Huss, celui-ci qui sera Descartes, celui-ci qui sera Vincent de Paul, celui-ci qui sera Piranése, celui-ci qui sera Washington, celui-ci qui sera Beethoven, celui-ci qui sera Garibaldi, celui-ci qui sera John Brown, tous ces atomes, âmes en fonction sublime parmi les hommes ont-ils vu d'autres univers et en apportent-ils l'essence sur la terre ? Les esprits chefs, les intelligences guides, qui les envoie ? qui détermine leur apparition ? qui est juge du besoin actuel de l'humanité ? qui choisit les âmes ? qui fait l'appel des atomes ? qui ordonne les départs ? qui prémédite les arrivées ? L'atome trait d'union, l'atome universel, l'atome lien des mondes, existe-i-il ? N'est-ce point là la grande âme ?



Compléter un univers par l'autre, verser sur le moins de l'un le trop de l'autre, accroître ici la liberté, là la science, là l'idéal, communiquer aux inférieurs des patrons de la beauté supérieure, échanger les effluves, apporter le feu central à la planète, mettre en harmonie les divers mondes d'un même système, hâter ceux qui sont en retard, croiser les créations, cette fonction mystérieuse n'existe-t-elle pas ?


N'est-elle pas remplie à leur insu par certains prédestinés, qui, momentanément et pendant leur passage humain, s'ignorent en partie eux-mêmes ? Tel atome, moteur divin appelé âme, n'a-t-il pas pour emploi de faire aller et venir un homme solaire parmi les hommes terrestres ? Puisque l'atome floral existe, pourquoi l'atome stellaire n'existerait-t-il pas ? Cet homme solaire, ça sera tantôt le savant, tantôt le voyant, tantôt le calculateur, tantôt le thaumaturge, tantôt le navigateur, tantôt l'architecte,  tantôt le mage, tantôt le législateur, tantôt le philosophe, tantôt le prophète, tantôt le héros, tantôt le poète. La vie de l'humanité marchera par eux. Le roulement de la civilisation sera leur tâche. Ces attelages d'esprit traineront le char énorme. L'un dételé, l'autre repartira. Chaque achèvement de siècle sera une étape. Jamais de solution de continuité. Ce qu'un esprit aura ébauché, un autre esprit le terminera, liant le phénomène au phénomène; quelquefois sans se douter de la soudure. A chaque révolution dans les faits correspondra une révolution proportionnée dans les idées, et réciproquement. L'horizon ne pourra s'élargir à droite sans s'étendre à gauche. Les hommes les plus divers, les plus contraire parfois, adhéreront par des côtés inattendus, et dans ces adhérences éclatera l'impérieuse logique du progrès. Orphée, Bouddha, Conficius, Zoroastre, Pythagore, Moïse, Manou, Mahomet, d'autres encore, seront les chaînons de la même chaîne. Un Gutenberg découvrant la procédure d'ensemencement de la civilisation et le mode d'ubiquité de la pensée, sera suivi d'un Christophe Colomb découvrant un champ nouveau. Un Christophe Colomb découvrant un monde sera suivi d'un Luther découvrant une liberté. Après Luther, novateur dans le dogme, viendra Shakespeare, novateur dans l'art. Un génie finit l'autre.


Mais pas dans la même région, L'astronome s'ajoute au philosophe, le législateur est l'exécuteur des volontés du poète, le libérateur armé prête main-forte au libérateur penseur; le poète corrobore l'homme d'Etat. Newton est l'appendice de Bacon; Danton dérive Didérot; Milton confirme Cromwell; Byrron appuie Boztaris, Eschyle, avant lui a aidé Miltiade. L'oeuvre est mystérieuse pour ceux même qui la font. les uns ont en conscience, les autres point. (A suivre)


publié par Victor Hugo publié dans : Art et littérature
Samedi 16 Février 2008
Victor Hugo à Villemain (Ministre français de l'instruction publique), le 3 Décembre 1845, Extrait de Choses Vues 1830-1848:

    "...Je vous ai dit de dédaigner vos ennemis; faites-le. Mais vous en avez deux dont il faut vous en occuper et dont il faut vous défaire. ces deux ennemis sont la solitude et la rêverie. La solitude amène la tristesse; la rêverie produit le trouble. Ne soyez pas seul et ne rêvez pas. Allez, sortez, marchez, mêlez vos idées à l'air ambiant, respirez librement et à pleine poitrine, visitez vos amis, venez me voir"
publié par Victor Hugo publié dans : Art et littérature

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus